DILUVIO

San Rafael, Veracruz. Mexique

Lieu de mémoire exploré : Village de San Rafael, Veracruz, Mexique / Ancienne église de Telaya

Version 1 : 2016

Version 2 : 2020

Diffusée et produit par la Fondacion Casa Proal

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DILUVIO

Œuvre d’art médiatique in situ

Lieu de mémoire exploré : Village de San Rafael / Zone inondable

Veracruz, Mexique

Depuis 2008, Myriam Lambert développe une enquête autour des lieux de mémoire qui influencent l’identité collective de villages, de villes, de régions et même de pays. Après de nombreux entretiens avec les résidents de San Rafael (Veracruz, Mexique), Lambert a réalisé que la mémoire collective du village était étroitement liée aux inondations presque annuelles affectant la communauté. [Diluvio] s'offre comme une offrande votive en sculptures, en lumière et en son. Lambert a décidé de traduire de manière artistique ce capital-mnémotechnique émotionnel [de la population de San Rafael]. 

Extrait de texte du commissaire français Michel Blancsube 

 

Avec le temps, dans plusieurs villages inondables de la province de Veracruz, la barque est devenue un outil de survie. La population se réfugie dans cette petite embarcation lorsque les cours d’eau sortent de leur lit. Je me suis donc inspirée de leurs coutumes obligatoires en utilisant cet objet essentiel comme un ex-voto. En voyant cette œuvre, même sortie de son lieu de diffusion d’origine, le public est exposé aux enjeux auxquels différents espaces font face à cause de la fonte des glaces ; la submersion du territoire. 

 

Barque en fibre de verre illuminée, quantité innombrable de fils de pêche suspendus, vidéo photographique projetée et piste sonore envahiront votre espace de diffusion afin de créer une métaphore des inondations. Œuvre immersive placide malgré les propos qu’elle évoque, c’est en douceur — sans toutefois être rassurante — que l’œuvre Diluvio propose à réfléchir sur les résultats du dérèglement climatique planétaire. 

 

 

MISE EN ESPACE DE L’ŒUVRE 

À son entrée dans l’espace de diffusion, le spectateur verra une barque en fibre de verre suspendue à la hauteur de ses épaules. Un jeu de LED installé dans cette coque illuminera la barque d’une couleur chaude et mettra en évidence sa translucidité, comme un trophée imposant idolâtré. Aussi suspendus au plafond, des milliers de fils de nylon seront étirés verticalement par le biais du poids de menues pesées à pêche. Les fils envahiront l’espace. Ces petites pesées en forme de gouttes s’arrêteront toutes à la même hauteur, soit à la moitié de la barque, ce qui suggérera la surface de l’eau. 

 

Pour s’aventurer dans l’œuvre, le visiteur devra marcher au travers des nombreux fils de nylon et sous la barque. Par sa position debout, le spectateur sera submergé sous l’eau fictive.

 

Légère et montée en différents morceaux, la coque sera suspendue par les mêmes fils qui empliront l’espace. Ainsi, les fils qui soutiendront la barque se dissimuleront aux travers ceux suspendus dans la pièce. Par le simple passage des visiteurs, le mouvement de l’air fera délicatement osciller les fils et la barque. Ce subtil tremblement donnera l’effet que la coque effectue une légère mouvance, créant un vertige et une certaine précarité de l’objet suspendu (même si tout est très solide). Par terre, les lumières dans la coque de fibre de verre translucide se miroiteront de part et d’autre, sous la barque. Par le léger mouvement de cet ex-voto, ces reflets oscilleront sur le sol comme le chatoiement d’une marée. 

 

Une grande part de la magie de cette œuvre sera produite par les reflets que créera la projection de photographies d’archives d’inondations. En effet, cette projection éclairera les fils de nylon pour se rendre jusqu’au mur frontal. Ce défilement photographique illuminera les fils de manière éparse provoquant un effet de pluie. La trame sonore suggérera l’eau, le débordement, le bourdonnement, la pluie jusqu’à la submersion d’un territoire, le tout alimenté par une touche de piano qui rend propice l’immersion du spectateur. 

 

Diluvio propose une évocation poétique prenante d’une situation fort probable. Un hymne au courage des citoyens qui confrontent ces bouleversements climatiques et au pouvoir de la nature. Un ébranlement qui fait allusion aux catastrophes hautement envisageables pour nos espaces inondables et qui insuffle la nécessité d’agir.

Cette œuvre a été réalisée à l'occasion d'une résidence à la Fondación Casa Proal.