DILUVIO
Œuvre d’art installative, vidéo et sonore
Lieu de mémoire exploré : San Rafael (Mexique) — Zone inondable
Œuvre créée à l’occasion d’une résidence à la Fondation Casa Proal (Mexique)


Diluvio

Diluvio

Diluvio

Diluvio




Versión española más abajo - English version below
DILUVIO
Œuvre d’art installative, vidéo et sonore
Lieu de mémoire exploré : San Rafael (Mexique) — Zone inondable
Œuvre créée à l’occasion d’une résidence à la Fondation Casa Proal (Mexique)
Depuis 2008, Myriam Lambert développe une enquête autour des lieux de mémoire qui influencent l’identité collective de villages, de villes, de régions et même de pays. Après de nombreux entretiens avec les résidents de San Rafael (Veracruz, Mexique), Lambert a réalisé que la mémoire collective du village était étroitement liée aux inondations presque annuelles affectant la communauté. [Diluvio] s'offre comme une offrande votive en sculptures, en lumière et en son. Lambert a décidé de traduire de manière artistique ce capital-mnémotechnique émotionnel [de la population de San Rafael].
Extrait de texte du commissaire français Michel Blancsube
Avec le temps, dans plusieurs villages inondables de la province de Veracruz, la barque est devenue un outil de survie. La population se réfugie dans cette petite embarcation lorsque les cours d’eau sortent de leur lit. Je me suis donc inspirée de leurs coutumes obligatoires en utilisant cet objet essentiel comme un ex-voto. En voyant cette œuvre, même sortie de son lieu de diffusion d’origine, le public est exposé aux enjeux auxquels différents espaces font face à cause de la fonte des glaces ; la submersion du territoire.
Barque en fibre de verre illuminée, quantité innombrable de fils de pêche suspendus, vidéo photographique projetée et piste sonore envahiront votre espace de diffusion afin de créer une métaphore des inondations. Œuvre immersive placide malgré les propos qu’elle évoque, c’est en douceur — sans toutefois être rassurante — que l’œuvre Diluvio propose à réfléchir sur les résultats du dérèglement climatique planétaire.
MISE EN ESPACE DE L’ŒUVRE
À son entrée dans l’espace de diffusion, le spectateur verra une barque en fibre de verre suspendue à la hauteur de ses épaules. Un jeu de LED installé dans cette coque illuminera la barque d’une couleur chaude et mettra en évidence sa translucidité, comme un trophée imposant idolâtré. Aussi suspendus au plafond, des milliers de fils de nylon seront étirés verticalement par le biais du poids de menues pesées à pêche. Les fils envahiront l’espace. Ces petites pesées en forme de gouttes s’arrêteront toutes à la même hauteur, soit à la moitié de la barque, ce qui suggérera la surface de l’eau.
Pour s’aventurer dans l’œuvre, le visiteur devra marcher au travers des nombreux fils de nylon et sous la barque. Par sa position debout, le spectateur sera submergé sous l’eau fictive.
Légère et montée en différents morceaux, la coque sera suspendue par les mêmes fils qui empliront l’espace. Ainsi, les fils qui soutiendront la barque se dissimuleront aux travers ceux suspendus dans la pièce. Par le simple passage des visiteurs, le mouvement de l’air fera délicatement osciller les fils et la barque. Ce subtil tremblement donnera l’effet que la coque effectue une légère mouvance, créant un vertige et une certaine précarité de l’objet suspendu (même si tout est très solide). Par terre, les lumières dans la coque de fibre de verre translucide se miroiteront de part et d’autre, sous la barque. Par le léger mouvement de cet ex-voto, ces reflets oscilleront sur le sol comme le chatoiement d’une marée.
Une grande part de la magie de cette œuvre sera produite par les reflets que créera la projection de photographies d’archives d’inondations. En effet, cette vidéo, composée de photographies d’archives d’inondations lentement enchaînées — les images se fondant les unes dans les autres avec fluidité —, viendra illuminer les fils de nylon de manière éparse provoquant un effet de pluie jusqu’au mur frontal. La trame sonore suggérera l’eau, le débordement, le bourdonnement, la pluie jusqu’à la submersion d’un territoire, le tout alimenté par une touche de piano qui rend propice l’immersion du spectateur.
Diluvio propose une évocation poétique prenante d’une situation fort probable. Un hymne au courage des citoyens qui confrontent ces bouleversements climatiques et au pouvoir de la nature. Un ébranlement qui fait allusion aux catastrophes hautement envisageables pour nos espaces inondables et qui insuffle la nécessité d’agir.
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ESPAÑOL
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DILUVIO
Obra de arte instalativa, videográfica y sonora
Lugar de memoria explorado: San Rafael (México) — Zona inundable
Obra creada en el marco de una residencia en la Fundación Casa Proal (México)
PREÁMBULO
Con el tiempo, en varios pueblos inundables del estado de Veracruz, la barca se ha convertido en una herramienta de supervivencia. La población se refugia en esta pequeña embarcación cuando los ríos se desbordan. Me inspiré en estas costumbres obligadas para utilizar ese objeto esencial como un exvoto. Al contemplar esta obra, incluso fuera de su lugar de origen, el público se enfrenta a los desafíos que distintos territorios encaran desorden climático planetario y debido al derretimiento de los hielos: la sumersión del territorio.
Una barca de fibra de vidrio iluminada, una cantidad innumerable de hilos de pesca suspendidos, un vídeo fotográfico proyectado y una pista sonora invadirán el espacio expositivo para crear una metáfora de las inundaciones. Obra inmersiva y apacible a pesar de la gravedad de lo que evoca, Diluvio invita a reflexionar — aunque sin ofrecer consuelo — sobre las consecuencias del desorden climático planetario.
DISPOSICIÓN DE LA OBRA EN EL ESPACIO
Al entrar en el espacio de exposición, el espectador verá una barca de fibra de vidrio suspendida a la altura de sus hombros. Un juego de luces LED instalado en su interior la iluminará con un tono cálido, destacando su translucidez, como un trofeo imponente y venerado. También colgando del techo, miles de hilos de nailon serán tensados verticalmente mediante pequeñas pesas de plomo para pesca. Los hilos invadirán el espacio. Estas pequeñas pesas con forma de gota se detendrán todas a la misma altura, a la mitad de la barca, lo que sugerirá la superficie del agua. Para aventurarse dentro de la obra, el visitante deberá caminar entre los hilos de nailon y por debajo de la barca. De pie, el espectador se encontrará sumergido bajo un agua ficticia.
Ligera y montada en varias piezas, la barca estará suspendida por los mismos hilos que llenan el espacio. Así, los hilos que la sostienen se camuflarán entre los demás. Al simple paso de los visitantes, el movimiento del aire hará oscilar delicadamente tanto los hilos como la embarcación. Este sutil temblor dará la sensación de que la barca se balancea ligeramente, generando un vértigo y cierta fragilidad del objeto suspendido (aunque toda la estructura sea sólida). En el suelo, las luces proyectadas desde el interior de la barca translúcida se reflejarán de lado a lado. Con el leve movimiento de este exvoto, esos reflejos se agitarán en el suelo como el centelleo de una marea.
Gran parte de la magia de esta obra la producirá el juego de reflejos generado por la proyección de fotografías de archivo de inundaciones. De hecho, este vídeo, compuesto por fotografías que se suceden lentamente — imágenes que se funden unas con otras con fluidez —, iluminará los hilos de nailon creando un efecto de lluvia hasta alcanzar la pared frontal. La banda sonora evoca el agua, el desbordamiento, el zumbido, la lluvia, hasta la sumersión de un territorio, todo ello sostenido por toques de piano que facilitan la inmersión del espectador.
Diluvio ofrece una evocación poética poderosa de una situación altamente probable. Un himno al coraje de quienes enfrentan estos trastornos climáticos y a la fuerza de la naturaleza. Un estremecimiento que alude a las catástrofes altamente previsibles en nuestras zonas inundables y que inspira la necesidad de actuar.
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ENGLISH
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DILUVIO
Installation, video, and sound work
Place of memory explored: San Rafael (Mexico) – flood-prone area
Work created during a residency at Fundación Casa Proal (Mexico)
Since 2008, Myriam Lambert has been investigating places of memory that influence the collective identity of villages, cities, regions, and even countries. After many interviews with the residents of San Rafael (Veracruz, Mexico), Lambert realized that the village’s collective memory was closely linked to the almost annual floods affecting the community. [Diluvio] is a votive offering of sculpture, light, and sound. Lambert decided to translate in an artistic manner the emotional capital-mnemonic [of San Rafael’s population].
Excerpted from the exhibition essay of French curator Michel Blancsubé
DILUVIO
Over time, in many flood-prone villages in the province of Veracruz (Mexico), the boat has become a survival tool. Residents take refuge in this small craft when rivers overflow their banks. I drew inspiration from their obligatory practices to use this essential object as an ex-voto.
An illuminated fibreglass boat, thousands of hanging fishing lines, a video, and a soundtrack flood the exhibition space to create a metaphor of floods. A calm, immersive work despite the ideas it evokes, Diluvio offers gentle yet far from reassuring reflections on the results of global climate change.
LAYOUT OF THE WORK
When entering the exhibition space, viewers see a fibreglass boat suspended from the ceiling at shoulder height. LED lights installed in the hull bathe the boat in a warm light and emphasize its translucency like an imposing, idolized trophy. Also hung from the ceiling, thousands of nylon fishing lines are vertically extended by lead fishing weights. The fishing lines flood the space. The small, teardrop-shaped weights all hang at the same height, which is halfway down the side of the boat, suggesting the water’s surface.
To venture into the work, visitors must walk through the many fishing lines and under the boat. Due to their upright position, viewers are submerged in the fictional water.
Lightweight and mounted in separate pieces, the boat is hung by the same type of fishing lines that fill the space. Therefore the lines that hold the boat hide among those hanging in the room. The simple passage of visitors creates a movement in the air, which makes the boat and fishing lines sway gently. The subtle shaking of the boat creates a sense of vertigo and makes the suspended object seem somewhat precarious even though everything is solid. The lights in the translucent fibreglass hull shimmer on the floor under the boat. Due to the slight movement of the ex-voto, these reflections glimmer on the floor like sparkling waves.
The video, composed of archival photographs of flood slowly sequenced — the images blending seamlessly into one another — will illuminate the nylon threads in a patchy manner, creating the effect of rain all the way to the front wall. The soundtrack suggests water, gushing, splashing, rain falling heavily and flooding the landscape, all sustained by a piano, which makes the viewer’s immersion even more palpable.
Diluvio offers a poetical and absorbing evocation of a highly likely situation. It is a hymn to the courage of citizens confronting climate change and nature’s power. Alluding to the extremely probable disasters in flood-prone areas, it shakes us up and instills the need to act.
