BIOGRAPHIE

MYRIAM LAMBERT (QUÉBEC, CANADA)

Détentrice d’une maitrise en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval (2016), Myriam Lambert explore le thème de l’identité par le biais d’interventions dans des lieux de mémoire. Celles-ci peuvent se concrétiser par le biais de l’art sonore, l’art électronique, de l’installation, la performance et la littérature ; l’idée est d’utiliser le médium le plus cohérent pour la réalisation d’une empreinte identitaire à même les lieux de mémoire.

Autant par le biais d’expositions que pour la création d’œuvres dans le cadre de résidences d’artistes ou de commandes d’œuvres, le travail de Lambert fut appuyé par Rad’art (Italie), Utopiana (Suisse), Fondación Casa Proal, Ondarte (Mexique), Galeria Nacional del Museo de los Niños (Costa Rica), Peras de Olmo, Université Tres Febrero (Argentine), La Kasa Karakola (Équateur), Le Laboratoire NT2, Avatar, Les Productions Recto-Verso, Le Mois Multi, La Galerie R3, La Chambre Blanche, Regart, Manif d’art de Québec, L’Écart (Canada) et d’autres. Chacune de ses œuvres a été réalisée en rapport à l’identité et à la mémoire des lieux. Ses réalisations ont notamment été présentées dans d’ex-camps de concentration argentins, d’ex-pénitenciers costaricains et dans un parc à résidus miniers à Rouyn-Noranda.

Elle a aussi été conférencière et membre de jurys pour plusieurs centres d’artistes de Québec, au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts et des lettres du Québec. Impliquée activement depuis 2007 à Avatar, un centre d’artistes qui travaille à la recherche, à la création, à la circulation des œuvres et à la diffusion des artistes en art audio et électronique au Québec, au Canada et à l’international, Myriam Lambert est maintenant à la barre de la direction générale et artistique d’Avatar. Elle vit et travaille à Québec.

CV de Myriam Lambert

DÉMARCHE ARTISTIQUE

En considérant l’idée qu’un « lieu de mémoire dans tous les sens du mot va de l’objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l’objet le plus abstrait et intellectuellement construit »1, je me propose de porter un regard particulier sur certains lieux porteurs de mémoire constituant d’importants repères culturels. Je souhaite ainsi comprendre quelle est la part de l'«autre» dans la construction de nos identités personnelles et collectives. Ici, il est important de préciser qui est l'«autre»: les gens vivants ou morts reliés par des lieux de mémoire. Pour y arriver, je mets en perspective des expériences communes et les transpose en expérience d’œuvres d’art questionnant les différentes variantes de la mémoire : collective, individuelle, à court et à long terme, auditive, visuelle, olfactive, tactile, ainsi que l’altération de celle-ci. J’examine notre rapport à différents lieux de mémoire tout en soulignant la présence d’un héritage culturel ayant contribué à forger notre identité.


Mes interventions artistiques se concrétisent via l’installation médiatique, l'art audio en passant par la photographie et la performance. Ces matériaux me semblent constituer les médiums les plus cohérents et efficaces pour la réalisation de mes projets. La mémoire pouvant en effet être prolongée par divers procédés tels que la photographie, l’enregistrement audio et la vidéo, qui en gardent la trace des affects de ces lieux. Pour arriver à mes fins, je recontextualise des photographies et des pistes audios en proposant de nouvelles expériences. Que ces matériaux soient originaux ou tirés d’archives de toutes sortes, ils deviennent une métaphore de la mémoire. Presque toujours, le lieu et la lumière sont utilisés comme matériau et prennent une place de premier plan dans l’œuvre.

(1) Nora, Pierre. 1997. « Les lieux de mémoire » vol. 1. Paris : Quarto-Gallimard.