CULTURE DE BOURRASQUES

Lieu de mémoire exploré : Bas-St-Laurent

Rivière-du-Loup, Kamouraska, Amqui, Trois-Pistoles

2018

Culture de bourrasques
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Rivière-du-Loup

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Kamouraska

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CULTURE DE BOURRASQUES

Œuvre relationnelle et installative

 

Réalisée à l'occasion des Flâneurs sur la route
Du 13 juillet au 5 août 2018 à Rivière-du-Loup, Amqui, Trois-Pistoles et Kamouraska.

Cette œuvre d’art — relationnelle et installative — a été réalisée spécifiquement pour l’évènement Flâneurs sur la route. Elle questionne de manière poétique et critique autant l’humain que le territoire du Bas-St-Laurent.

 

Tout d’abord, deux centres d’hébergement ont été visités afin de converser avec une vingtaine d’aînés. J’ai parcouru la région à la recherche de l’histoire du territoire. Ces citoyens ont commandé ma route, m’ont montré leurs lieux naturels identitaires. Petit à petit, ils m’ont exposé la mémoire et les transformations du territoire. Lors de ces rencontres, les champs, les fermes et le fleuve sont particulièrement sortis du lot comme étant des lieux marqueurs de l’identité de la région, lieux de mémoire collectifs de la zone. À ma manière, j’ai vécu ces champs, l’environnement, son langage et ce qui s’en dégage. Tout en restant fidèles aux dires de la population, des fouilles dans les archives du Musée du Bas-St-Laurent ont eu lieu afin de bien comprendre les différentes transitions des endroits et de la mémoire proposée. 

 

En parallèle des réponses des aînés, lors des rencontres, maintes anecdotes amoureuses, d’entraide entre voisins et de solidarité villageoise ont pris une importance insoupçonnée. La coopération avec l’autre ou même l’amour qu’ils ont envers l’autre devenaient en quelque sorte une définition du territoire humain du Bas-St-Laurent. Tout était lié. Ce qui ressortait le plus en tant qu’identité sentie était la confraternité et l’amour (passionnel ou non) entre les citoyens. Et si l’autre était le territoire ? Si cet amour que nous avions pour l’autre était aussi senti envers le territoire, réagirions-nous de la même façon ? Si nous faisions le transfert (d’amour) ? Si cette affection était aussi grande envers le territoire, nos actions seraient-elles différentes ? Cette œuvre tend à mettre en lumière cette possible décalcomanie. 

 

Après l’analyse de toutes ces informations, j’ai créé le volet installatif* de l’œuvre, soit une installation volatile et légère comme un drapeau. Elle parle d’amour, de passion, de tendresse où l’« être » aimé peut tout aussi bien être humain que territoire. Une pléiade de mots suggère une vision poétique de ce dont nous rêvons de l’amour, ce qu’il apporte, de la manière dont il nous hante joyeusement. D’un autre côté, ces mêmes mots peuvent évoquer des questionnements sur la manière dont nous traitons nos espaces et questionner le spectateur sur son rapport au territoire. Tout dépend de l’angle que nous souhaitons prendre dans l’analyse de ces citations, un sentiment amoureux (de l’humain) ou d’inconfort (envers le territoire) se fait sentir. 

 

C’est donc sous la forme de manches à air blanc immaculé, marqués de citations rouges que l’installation fait acte de présence. Par leur forme presque triangulaire, ces girouettes proposent une certaine signalétique, comme si le sujet des citations avait un lieu attitré, comme si « l’amour était par là ». Tout au long de la journée, le vent modifie la trajectoire des vire-vent ; cette signalétique devient quelque peu frénétique. Au cours du parcours de l’œuvre dans le Bas-St-Laurent, l’air salin du fleuve a activé la contamination des 2 matériaux qui forment le mécanisme de tournoiement de l’œuvre pour le freiner presque en entier. Le territoire et l’air salin ont donc déterminé un lieu attitré, davantage fixe, comme si l’amour de l’autre et/ou du territoire s’amenuisait peu à peu, sans s’orienter de toute part, comme autrefois. Remarque récurrente chez les aînés rencontrés, la sensibilité de l’humain envers le territoire s’effrite peu à peu. Ce volontaire bris de fluidité du mécanisme de tournoiement propose cette métaphore. Aussi, tout en douceur, le vent module l’œuvre et influence sa réception et sa compréhension. Lorsque le souffle du St-Laurent est fort, il offre aux spectateurs une lecture de mots qui oscillent dans l’air, qui vogue selon le temps et la structure architecturale de la zone. Selon la température, l’œuvre se modifie. Les citations deviennent lisibles lorsque le vent se fait sentir et l’œuvre semble inerte lorsqu’il n’y a aucun souffle.

 

Cette installation a été inspirée du contact avec les gens de la place. Une œuvre qui a comme matériaux principaux la mémoire des lieux et les souvenirs qu’ont les habitants du Bas-St-Laurent de leurs propres espaces identitaires. Une mémoire qui s’estompe, qui s’altère avec les années. Le temps, le vent et l’air salin agissent pour que l’œuvre se déploie, se modifie et se transforme. L’objectif était de créer une œuvre d’art critique et poétique qui incite le public à agir positivement envers l’autre et envers son territoire.

 

Avec cette œuvre, je crois avoir réussi à caresser une portion de l’identité singulière du secteur et à atteindre des sensibilités universelles.

 

* Je mentionne que l’installation est la partie finale de l’œuvre puisque tout le processus relationnel en fait également partie. La rencontre avec l’autre est à la base de mes recherches et créations ; des liens se tissent entre les citoyens, des discussions humaines et riches passent, l’histoire se déploie. Sans ce volet relationnel, l’installation ne pourrait naître.

L'artiste tient à remercier chaleureusement l'équipe des Flâneurs sur la route, dont Youri Blanchet et le commissaire de l'exposition André DuBois, la Résidence St-Louis de Rivière-du-Loup, la Maisonnée du Mieux-être de Kamouraska ainsi que Catherine Baril et David Dallaire pour leur aide technique. 

BESOINS POUR LA DIFFUSION DE CULTURE DE BOURRASQUES

—    1/2 journée de montage

—    1 terrain plutôt mou